samedi 16 avril 2016

Esquit : nouveau chantier



Bientôt, une nouvelle voie en vallée d'Aspe, au défilé d'Esquit (nous l'espérons !).
Retour en arrière :
Le 30 décembre dernier, une reconnaissance permettait d'envisager d'aller rejoindre la partie centrale de ce mur immense rive droite du défilé d'Esquit (Voir article du 30/12/15).
Le 04 avril dernier, je (Ivan) revenais avec Joach afin d'explorer un peu plus cette voie commencée. Mais le regard affûté de Joach nous indiquait une ligne un peu plus à droite avec un dièdre très engageant. Cette ligne, Jérôme nous en avait parlé... Du coup, nous décidons d'aller l'explorer ! Le projet précédent attendra un peu plus !
Nous avons ouvert une longueur ce jour-là, équipée (un peu loin) et nettoyée. Cotation estimée : 6b.
    De retour 8 jours plus tard, avec Joach nous ajoutons 2 longueurs, la première rejoignant enfin le dièdre tant convoité, la deuxième remontant la première moitié de ce dièdre magnifique : il est assez long, barré en son milieu par un bombé qui nous a stoppé, d'autant que la pluie arrivait. Ce qui est très surprenant, c'est que le dièdre semble couché vu du bas, et lorsque l'on est dedans, c'est totalement vertical. En clair, il semble très abordable vu du bas, mais une fois dedans, ça grimpe fort, voir très fort !
    De retour ce samedi avec Jérôme, l'idée était de terminer la première longueur de dièdre (6b+) et d'ouvrir la partie du haut, celle qui doit nous mener sur une grande épaule, laquelle nous ouvre les portes de la deuxième partie de la voie, le grand mur supérieur orienté sud-ouest et très prometteur !
Ce samedi a été fructueux, puisque nous avons terminé le dièdre, la deuxième partie étant très difficile ! Nous l'avons équipé en A0, c'est très lisse ! Il faudra libérer ! Nous nous sommes arrêté là, les portes de l'épaule sont maintenant ouvertes. La prochaine venue nous permettra de commencer l'exploration du grand mur supérieur. Nous sommes encore redescendus sous la pluie. Il faut jongler avec la météo en ce moment.
Après répétitions et nettoyages, les cotations estimées pour le moment sont :
L1 - 6a+ / L2 - 6a / L3 - 6b+ , A0 / L4 - A0, 6a. En effet, le nettoyage laisse souvent apparaître de belles réglettes ou de beaux bacs, initialement recouverts de petites touffes d'herbe, de mousse ou parfois bouchés de terre.

Voici quelques photos commentées :



































samedi 12 mars 2016

El tiempo que nos Queda


Peña Rueba / Mallo la Calva
175 m - 6c/7a - 6c obligé - (e)
Matériel : Corde à double de 50 m, 19 dégaines minimum dont quelques longues, sangles pour les relais.
Jérôme et Ivan

"Verticalité et passages de difficulté très soutenue dans leur cotation" annonce le topo Riglos Vertical. Effectivement, nous confirmons; les longueurs sont difficiles et longues (45 mètres), on termine chacune d'elle content de passer le relais. En effet, nous avons grimpé en réversible, mais seul le second a pu réaliser toutes les longueurs en libre tant l'escalade est soutenue, athlétique, avec peu de repos dans les longueurs, pas de repos dans les sections dures ! Si à Riglos il y a souvent de bonnes surprises avec les grosses patates, ici les surprises sont rarement aussi salvatrices : ce sont en général des aplats fuyant qui demandent un positionnement du corps parfait. L'escalade est très tonique, se rapportant tout le long à des pas "bloc".  La première longueur nous a un peu démoralisé par sa difficulté. Dans L2, le 6a+ semble sous-côté, quand au 6c il est obligatoire : si souvent l'équipement permet le A0, un passage le long d'une fissure oblique vers la droite au-dessus d'un bombé oblige à grimper, les points sont espacés. Le 6c annoncé de L3 fut A0 pour le leader, 7a (au moins) ressenti pour le second, avec de nombreuses haltes pour récupérer. Enfin, il ne faut pas croire que le 6a de L4 va dérouler, 2 bombés sont coriaces, dont un très difficile à décrypter. Notons que pour rajouter à la difficulté (comme s'il n'y en avait pas assez !) certaines sections sont assez friables, de nombreuses prises nous sont restées dans les mains, de nombreuses prises de pied ont cédé... il faut alors grimper certains passages en multipliant les appuis, en évitant au maximum de tout miser sur une seule prise de main (ou de pied).
Les deux premières longueurs sont déversantes, la troisième se termine par une verticalité absolue, c'est dans la 4ème que le mur se couche.
Si la première longueur refroidi, au fur et à mesure de l'escalade on prend peu à peu plaisir malgré la lutte physique (et psychologique !). Le bonheur d'arriver au sommet après avoir lutté ! Quelques cordées d'espagnols ont grimpé en même temps que nous dans les voies parallèles, je pense qu'eux aussi ont éprouvé cette satisfaction au sommet car ils ont à peu près autant souffert que nous !



















Rappels de descente, nidification de vautour fauve.

mercredi 30 décembre 2015

Esquit, projet de voie nouvelle.

Jérôme et Ivan.

Cela faisait longtemps que Jérôme me parlait d'Esquit, il fallait bien sûr y aller un jour. En attendant l'été prochain pour poursuivre les projets du côté du Ronglet, l'occasion d'une visite à Esquit s'est enfin présentée en ce dernier jour de soleil, et afin de profiter jusqu'au bout de cette saison au climat exceptionnellement doux et ensoleillé. Ce côté-là d'Esquit (rive droite) est habituellement calme, les visites se faisant rares. Il existe une voie ouverte par Jean-Baptiste Cappicot, Martin Elias et Christian Ravier en 2008 : "CaCO3 forever" (7a+ / 220m). Cette voie se situe très à droite du secteur (Voir "Mâture et autres secteurs de la vallée d'Aspe", pages 132 et 133).
La ligne que l'on convoite avec Jérôme se situe droit au-dessus du parking. La pente est raide, l'approche courte mais pénible. Hasard du calendrier, une autre cordée est en pleine action, dans une voie (nouvelle ?) sur la gauche du secteur. Voir autant d'activité ici est surprenant !
Du côté de notre projet, c'est ballot ! Marteau oublié ! Impossible de pitonner ! La première longueur, qui semblait très facile vue du bas, s'avère être un morceau plus coriace que prévu : un caillou superbe, compact; ce qui semblait être du IV "rando" se métamorphose en 6a très dalle !
Après un relais sur buis, retour en bas. Hors de question de poursuivre sans pitons. De toutes façons, l'idée aujourd'hui était simplement d'évaluer l'intérêt et la faisabilité du projet, avec 2 ou 3 longueurs. Il n'y en a qu'une, mais elle suffit à garder à la ligne toutes ses promesses. Les nuages nous amènent beaucoup d'humidité dès demain, tant mieux pour les skieurs, mais vivement une prochaine journée aussi belle pour pousser plus loin l'exploration.




Les 3 grimpeurs en action

lundi 30 novembre 2015

Riglos / Aguja Roja

Villarig + Pecholobo
6b max / (e) / 130m
Lucia
6b+ max / (e) / 130m

Jérôme et Ivan

Matériel : corde à double de 50 m, 15 dégaines, sangles pour les relais.
Approche : 20mn par la piste.
Toutes les voies sont rappelables, la descente classique se faisant par la "Voie Normale".

Nous étions partis pour une grande voie, nous avons finalement décidé de nous faire plaisir sur le "pequeno mallo" Aguja Roja. Et quel plaisir ! Deux voies côte à côte mais bien différentes à l'ambiance fantastique ! Nous ne sommes pas dans les classiques enchaînements de bombés avec leurs pas "bloc", l'escalade est soutenue, aérienne et homogène. La première voie, "Villarig", offre deux premières longueurs en V+ de toute beauté, avec une escalade variée et de beaux passages en fissure. Sur le haut, nous nous sommes trompés en suivant les plaquettes blanches : celles de Pecholobo. 6b et 6a réalisé en une seule longueur de 45m, superbe ! La deuxième voie suivie, c'est Lucia. Ambiance très aérienne, avec une première longueur en 6a+ magnifique, homogène, où tous les mouvements procurent un réel plaisir de la grimpe. La deuxième longueur en 6b+ est impressionnante, aérienne, technique et très physique dans sa première partie, délicate (pourrie) dans la deuxième partie. prévoir 15 dégaines pour cette longueur "longue" (48 mètres !). La troisième longueur est un 6a assez homogène et très beau. Bref, 2 voies pour 6 longueurs de 40m minimum qui valent largement le déplacement. Nous avons terminé les bras dans le rouge et avions oublié à quel point la grimpe à Riglos peut être exigeante.
L'équipement est parfait, même si le premier point au départ de chaque voie est un peu haut. La suite est irréprochable et tous les relais sont rappelables.

Topo 1

Topo 2

Aguja Roja depuis la piste

L1 de Villarig en V+

L1 de Villarig en V+

Le 6b de Pecholobo

L1 de Lucia en 6a+ : SUPERBE !!!!!

Le 6b+ de Lucia en L2 : dur dur dur !!!

La sortie de L2 de Lucia, pourrie

L3 de Lucia, beau 6a

L3 de Lucia, beau 6a

Les Pequenos Mallos depuis le parking